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Pouvoir d'achat : le pessimisme des Québécois atteint un niveau record
Même si l'inflation a considérablement ralenti depuis 2022, de nombreux Québécois demeurent pessimistes quant à leurs finances. Une nouvelle analyse de l'Institut du Québec montre que la hausse durable du coût de la vie, mais aussi la perception des prix et des revenus, contribuent à ce sentiment.

Un pessimisme qui persiste malgré le recul de l'inflation
L'inflation est revenue à des niveaux plus modestes, mais les inquiétudes financières des ménages québécois demeurent importantes. Selon une nouvelle analyse de l'Institut du Québec (IDQ), l'écart entre les familles qui prévoient une détérioration de leur situation financière et celles qui anticipent une amélioration n'a jamais été aussi important depuis plus de 20 ans.
Cette situation s'explique en partie par les conséquences durables de la poussée inflationniste amorcée après la pandémie. Elle reflète également un contexte économique moins favorable et un sentiment persistant de perte de pouvoir d'achat.
L'IDQ souligne aussi un phénomène de perception : les ménages ont tendance à surestimer l'augmentation des prix tout en sous-estimant la progression de leurs revenus.
Des prix beaucoup plus élevés qu'en 2022
Même lorsque le taux d'inflation diminue, cela ne signifie pas que les prix reviennent à leurs niveaux précédents. Ils continuent généralement d'augmenter, mais moins rapidement.
Entre janvier 2022 et juillet 2026, les prix ont ainsi progressé de 18 % au Québec, selon les données présentées par l'IDQ. Certaines dépenses incontournables ont augmenté encore davantage. Le logement a connu une hausse de 27 %, tandis que les aliments coûtent 24 % plus cher.
Ces augmentations contribuent à expliquer pourquoi le ralentissement de l'inflation n'est pas nécessairement ressenti comme une amélioration par les ménages.
Les consommateurs accordent également davantage d'importance aux prix qu'ils rencontrent fréquemment, notamment ceux de l'épicerie et de l'essence. Ils tendent aussi à se souvenir davantage des fortes augmentations que des prix demeurés stables ou ayant diminué.
Les ménages moins nantis particulièrement touchés
L'augmentation globale des prix depuis 2022 a été relativement semblable selon le niveau de revenu. Elle atteint 19,3 % pour les ménages les moins nantis et 18,5 % pour les plus aisés.
La différence se situe surtout dans les catégories de dépenses touchées. Les ménages disposant de moins de ressources consacrent une proportion plus importante de leur budget au logement et à l'alimentation. Les augmentations dans ces catégories peuvent donc avoir des conséquences particulièrement importantes sur leurs finances.
Chez les ménages plus aisés, le transport a davantage contribué à l'augmentation du coût de la vie.
La progression des salaires est sous-estimée
Alors que les ménages ont tendance à surestimer l'inflation, le phénomène inverse se produit avec leurs revenus.
Au deuxième trimestre de 2026, la croissance salariale atteignait 5,1 %. Pourtant, les travailleurs interrogés estimaient en moyenne que leur salaire n'avait progressé que de 2,6 %.
Ce décalage contribue au sentiment d'appauvrissement. Les hausses de prix sont davantage remarquées et mémorisées que les augmentations de revenus, ce qui peut accentuer la perception d'une perte de pouvoir d'achat.
Une évolution très différente selon le revenu
Le revenu disponible réel des ménages, qui tient notamment compte des revenus, des impôts, des cotisations, des intérêts payés et de l'évolution des prix, a augmenté en moyenne de 8 % entre 2019 et 2025 au Québec. Entre 2022 et 2025, la progression moyenne a été de 3 %.
Cette moyenne cache toutefois d'importantes différences.
Durant cette dernière période, le revenu disponible réel a diminué chez les 40 % des ménages les plus pauvres. Il est demeuré relativement stable pour les 40 % suivants et a continué de progresser chez les 20 % les plus riches.
La progression importante enregistrée au sommet de la distribution contribue ainsi à faire augmenter la moyenne québécoise, même si une partie considérable des ménages a connu une évolution beaucoup moins favorable.
Les mesures ponctuelles ont leurs limites
L'Institut du Québec rappelle également que 2022 représente une année particulière pour comparer les revenus. La reprise économique et plusieurs programmes gouvernementaux temporaires avaient alors soutenu les finances des ménages.
Trois importantes mesures totalisant 7,1 milliards de dollars avaient augmenté le revenu disponible des ménages de 1,3 % à 5,6 %, selon leur situation et leur niveau de revenu.
Le retrait de ces mesures explique donc une partie de la détérioration observée par la suite.
En comparaison, trois mesures totalisant 1,4 milliard de dollars en 2026 n'ont augmenté le revenu disponible que de 1,8 % au maximum. L'analyse montre ainsi que des sommes publiques considérables peuvent être nécessaires pour produire un changement réellement perceptible dans les finances des ménages.
Agir davantage sur les causes du coût de la vie
Pour l'Institut du Québec, des mesures d'aide généralisées ne suffiraient probablement pas à faire disparaître rapidement le pessimisme financier des Québécois. Elles deviennent également plus difficiles à financer dans un contexte où les gouvernements disposent d'une marge de manœuvre budgétaire limitée.
L'organisme estime qu'il serait préférable de mieux cibler les ménages dont la situation financière s'est réellement détériorée.
À plus long terme, l'IDQ considère également qu'il serait pertinent d'agir sur les facteurs qui maintiennent certains biens et services essentiels à des prix élevés. Une augmentation de l'offre et une amélioration de l'abordabilité pourraient ainsi contribuer davantage à améliorer durablement le pouvoir d'achat.
Source : Institut du Québec
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Date de parution : 2026-08-25
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Publié par : Mon Index