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Les jeunes hommes diplômés universitaires frappés plus durement par le chômage
Au Québec, le taux de chômage des jeunes diplômés universitaires a bondi au cours de la dernière année. Plus inquiétant encore, cette hausse touche particulièrement les jeunes hommes, qui connaissent désormais un taux de chômage supérieur à celui de leurs pairs sans diplôme. C’est ce que révèle l’analyse Comment vont les garçons ? Étudier vaut-il encore la peine… pour les hommes ? publiée aujourd’hui par l’Institut du Québec (IDQ).

Moins de possibilités d’emploi pour les jeunes hommes diplômés
« Le marché de l'emploi est actuellement défavorable à tous les jeunes diplômés, hommes comme femmes. Une conséquence du ralentissement économique qui freine les nouvelles embauches et de la hausse de l'immigration temporaire qui gonfle la population active et intensifie la concurrence pour les postes disponibles, déclare Emna Braham, présidente-directrice générale de l'IDQ. L'écart entre les hommes et les femmes découle, quant à lui, du fait que, de 2022 à 2025, près de la moitié des emplois créés étaient en santé et en éducation, des secteurs comptant plus de 70 % de femmes et une part importante de diplômés universitaires. »
En parallèle, les secteurs traditionnellement masculins, comme la construction et le transport, ont connu une croissance plus faible et recrutent beaucoup moins de diplômés universitaires.
Relativement moins payant pour les hommes de poursuivre des études
Pour les jeunes femmes, un diplôme universitaire apporte non seulement davantage de débouchés, mais aussi un meilleur revenu. L’avantage salarial moyen atteint 35 % chez les femmes âgées de 22 à 26 ans, contre seulement 25 % chez les hommes du même âge.
Or, cet avantage salarial s’est érodé plus rapidement chez les hommes ces dernières années. En raison de la rareté de main-d’œuvre, plusieurs employeurs ont bonifié les salaires de postes accessibles sans études supérieures. Résultat : les jeunes hommes peuvent aujourd’hui obtenir de bons revenus dès leur entrée sur le marché du travail, sans diplôme universitaire.
Un cercle vicieux en devenir ?
Deux tendances préoccupantes se croisent donc : un taux de chômage plus élevé chez les diplômés masculins et une prime salariale affaiblie. Cela pourrait inciter plusieurs jeunes hommes à remettre en question l’intérêt d’investir temps et argent dans des études universitaires.
Un rappel s’impose toutefois : « Ce calcul de court terme explique en partie pourquoi les hommes sont déjà 25 % moins nombreux que les femmes à détenir un diplôme universitaire alors qu'en 1990, c'était eux qui dépassaient les femmes de 26 %, déplore Emna Braham. À terme, ce raccourci pourrait s’avérer coûteux, car si l’écart de salaire n’est que de 25 % en début de carrière, il grimpe à 62 % à la mi-carrière. Les études universitaires demeurent un levier essentiel pour gravir les échelons, accéder aux promotions et s’adapter aux transformations rapides de l’économie. »
À propos de l’Institut du Québec
L’Institut du Québec est un organisme à but non lucratif qui axe ses recherches et ses analyses sur les enjeux socioéconomiques auxquels le Québec fait face. Sa mission est de fournir aux décideurs publics et privés des outils fiables afin de bâtir une société plus dynamique, compétitive et prospère.
Source : Institut du Québec
Ressources et références
Date de parution : 2025-08-20
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Publié par : Mon Index