- 20 % des Canadiens ont déjà conduit ou été passagers d’un conducteur sous l’influence du cannabis.
- Les jeunes sont identifiés comme le groupe le plus à risque.
- Les produits comestibles au cannabis sont particulièrement préoccupants en raison du délai d’apparition des effets.
- Une étude démontre un risque de collision pouvant atteindre 58 % après quatre heures.
Une prise de conscience nécessaire face à une réalité préoccupante
La conduite avec facultés affaiblies par le cannabis demeure un enjeu majeur sur les routes canadiennes. Selon un récent sondage d’opinion réalisé par l’Association canadienne des automobilistes, une personne sur cinq a déjà conduit après avoir consommé du cannabis ou a été passagère dans un véhicule conduit par une personne sous l’influence. Ces données soulignent une banalisation inquiétante de ce comportement à risque, particulièrement depuis la légalisation du cannabis et la diversification des produits offerts sur le marché.
En réponse à cette réalité, la CAA déploie une campagne nationale de sensibilisation visant à encourager les citoyens à prévoir un moyen de transport sécuritaire après la consommation de cannabis, notamment sous forme de produits comestibles. L’objectif est clair : réduire le nombre d’incidents routiers liés à l’altération des facultés et renforcer les habitudes responsables chez les conducteurs actuels et futurs.
Les jeunes, une cible prioritaire pour la prévention
La campagne cible prioritairement les jeunes Canadiens, qui représentent le groupe le plus susceptible de conduire avec les facultés affaiblies par le cannabis. Cette population, appelée à utiliser les routes pendant de nombreuses années, se retrouve souvent exposée à des messages contradictoires entre la légalisation, la normalisation sociale et les risques réels associés à la consommation.
En intervenant tôt, la CAA souhaite influencer positivement les comportements à long terme. L’idée n’est pas seulement de prévenir un incident isolé, mais bien d’instaurer une culture de prudence basée sur la planification : prévoir un chauffeur désigné, utiliser un service de transport ou rester sur place jusqu’à ce que les effets soient dissipés.
Les produits comestibles, un danger souvent sous-estimé
Depuis quelques années, une préférence marquée pour les produits comestibles à base de cannabis a été observée, en particulier chez les jeunes adultes. Cette tendance inquiète les spécialistes de la sécurité routière, car les effets de ces produits prennent plus de temps à se manifester comparativement au cannabis fumé. Cette latence peut amener une personne à croire, à tort, qu’elle n’est pas affectée et qu’elle peut prendre le volant sans danger.
La campagne de la CAA illustre ce phénomène à travers des scènes du quotidien rendues difficiles ou confuses après la consommation d’un produit comestible. Des actions simples, comme se lacer les chaussures, préparer une collation ou répondre à la porte, deviennent soudainement complexes. Ces mises en situation, à la fois légères et parlantes, permettent de faire passer un message fort : si le contrôle du corps est altéré, celui d’un véhicule l’est aussi.
Des données scientifiques alarmantes appuient la campagne
La campagne s’appuie également sur une étude menée par l’Université de la Saskatchewan et financée par la CAA. À l’aide d’un simulateur de conduite, les chercheurs ont évalué l’impact des produits comestibles sur différentes aptitudes essentielles à la conduite, telles que le temps de réaction, le maintien dans la voie et la gestion de la vitesse.
Les résultats sont particulièrement frappants. Après seulement une heure et demie, près du tiers des participants étaient impliqués dans une collision simulée. Ce pourcentage augmentait à 44 % après deux heures et demie, pour atteindre 58 % après quatre heures. Ces chiffres démontrent non seulement l’ampleur du risque, mais aussi la durée prolongée des effets du THC sur les facultés cognitives et motrices nécessaires à une conduite sécuritaire.
Cette étude, soumise à une évaluation par les pairs, renforce la crédibilité du message de prévention et rappelle que les effets du cannabis peuvent être plus durables et trompeurs que plusieurs le pensent.
Une campagne à l’échelle nationale pour changer les comportements
La campagne publicitaire débute le 26 novembre et s’échelonnera sur six semaines à travers le Canada, principalement sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux. Elle mise sur l’humour, l’identification et la réalité quotidienne pour capter l’attention de la population, à rebours des campagnes traditionnelles basées sur des images chocs.
En diffusant ces messages de façon ciblée et répétée, la CAA espère amorcer une réflexion collective sur les conséquences réelles de la conduite sous l’influence du cannabis. Plus qu’une simple campagne de sensibilisation, cette initiative vise à susciter un changement concret et mesurable dans les comportements sur la route, contribuant ainsi à une réduction des collisions et à une amélioration durable de la sécurité routière au pays.
Source : Association canadienne des automobilistes