- 53 maisons d’hébergement ont participé à l’action éclair.
- Une centaine de travailleuses étaient présentes devant l’Hôtel du Parlement.
- Les besoins financiers sont estimés à 50,2 millions de dollars pour l’ensemble des maisons.
- 125 cahiers de demandes ont été remis à des députées membres du Cercle des femmes parlementaires.
Une mobilisation silencieuse mais percutante
À l’initiative du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, une coalition de 53 maisons a tenu une action éclair devant l’Hôtel du Parlement afin d’interpeller les députés et députées de toutes les formations politiques. L’objectif était clair : faire de la lutte contre la violence conjugale une priorité politique réelle et immédiate.
Lors de ce rassemblement silencieux, une centaine de travailleuses de maisons d’hébergement tenaient des silhouettes grandeur nature représentant des femmes et des enfants. Sur chacune d’elles figuraient un prénom, un âge et des conséquences concrètes de la violence vécue, rappelant l’ampleur humaine et durable des impacts de la violence conjugale.
Un statu quo jugé inacceptable
Selon Annick Brazeau, présidente du Regroupement, le maintien du statu quo budgétaire des trois dernières années met directement en danger la santé et la vie des femmes et des enfants victimes de violence conjugale. Face à la recrudescence des féminicides et à l’explosion des demandes d’aide, elle estime qu’il n’est plus possible pour le gouvernement de retarder des investissements structurants.
Cette absence de financement adéquat compromet la capacité des maisons à offrir des services sécuritaires, accessibles et adaptés à des besoins de plus en plus complexes.
Des impacts majeurs sur la santé physique et mentale
Au-delà des féminicides, la violence conjugale entraîne des conséquences profondes et durables sur la santé des femmes et des enfants. Nathalie Villeneuve, coordonnatrice de la Maison Hina en Montérégie, rappelle que la violence se traduit par de l’anxiété chez les tout-petits, de la détresse chez les adolescentes et adolescents, ainsi que par des blessures physiques, des troubles dépressifs et des douleurs chroniques chez les femmes.
Ces impacts, souvent invisibles, s’étendent sur plusieurs années et génèrent des coûts sociaux et de santé considérables. Investir pour prévenir et contrer la violence conjugale permettrait non seulement de sauver des vies, mais aussi de réduire ces coûts à long terme.
Un rattrapage insuffisant face à l’urgence actuelle
Malgré un rattrapage financier important entre 2020 et 2022, les investissements actuels du gouvernement ne suffisent plus à répondre à l’ampleur des besoins. Les maisons d’hébergement estiment qu’un investissement de 50,2 millions de dollars est désormais nécessaire pour soutenir adéquatement la centaine de maisons existantes au Québec.
Rencontrée récemment, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia Bélanger, s’est montrée sensible à la situation des victimes. Toutefois, le Regroupement s’inquiète de la capacité du gouvernement à traduire cette sensibilité en engagements budgétaires concrets lors du prochain budget.
Un appel transpartisan aux élus
La délégation du Regroupement a remis 125 cahiers de demandes à des députées membres du Cercle des femmes parlementaires. Les maisons espèrent que ces élues et élus porteront ces revendications dans un esprit transpartisan afin qu’un budget 2026 à la hauteur des besoins des femmes et de leurs enfants soit adopté.
Pour le Regroupement, le message est sans équivoque : ne pas investir dans la lutte contre la violence conjugale coûte bien plus cher à la société que d’agir maintenant, tant en vies humaines qu’en ressources publiques.
Source : Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale