- Les mises en chantier d’habitations ont augmenté de 6 % au Canada en 2025.
- La croissance provient surtout de la construction de logements locatifs.
- Les ventes sur plan de copropriétés ont fortement diminué.
- La construction de logements du chaînon manquant a augmenté d’environ 10 %.
Une hausse des mises en chantier en 2025
Les mises en chantier d’habitations ont connu une hausse de 6 % au Canada en 2025, selon le dernier Rapport sur l’offre de logements publié par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).
Cette croissance a été principalement alimentée par la construction de logements locatifs, qui a atteint des niveaux records dans plusieurs grandes villes canadiennes.
La hausse de l’activité s’explique également par l’augmentation de la construction de logements dits du « chaînon manquant », un type d’habitation qui comprend les multiplex, les maisons en rangée, les appartements de faible hauteur et les logements accessoires.
Malgré cette progression, le rapport souligne que plusieurs vulnérabilités demeurent dans le marché de l’habitation.
Un recul du logement pour propriétaires
Même si les mises en chantier globales ont augmenté, la construction de logements destinés aux propriétaires occupants a diminué dans plusieurs marchés.
Les ventes sur plan de copropriétés ont fortement chuté, ce qui a ralenti le lancement de nouveaux projets résidentiels.
La hausse des stocks d’unités invendues suggère également que l’offre actuelle ne correspond pas toujours aux besoins des acheteurs potentiels.
En parallèle, les conditions financières se sont resserrées pour les promoteurs immobiliers, ce qui entraîne des retards, des annulations ou encore la conversion de certains projets en logements locatifs.
Selon la SCHL, cette situation pourrait créer une pénurie de logements pour propriétaires lorsque la conjoncture économique s’améliorera et que la demande reprendra.
Le marché locatif soutient la construction
La résilience du secteur de la construction résidentielle en 2025 s’explique largement par l’augmentation du nombre de logements locatifs.
Des niveaux records de mises en chantier ont été observés notamment à Calgary, Edmonton, Ottawa, Halifax et Montréal.
À Toronto, la construction de logements locatifs a également atteint l’un des niveaux les plus élevés jamais enregistrés.
Cette nouvelle offre de logements locatifs a contribué à assouplir les conditions du marché locatif dans plusieurs grands centres urbains.
Cependant, la SCHL souligne que cette tendance ne compense pas entièrement le ralentissement du segment des copropriétés.
Des tendances différentes selon les villes
Dans la région de Toronto, les logements locatifs ont dépassé les copropriétés pour la première fois au cours du siècle actuel.
Les promoteurs privilégient désormais les immeubles de taille moyenne ou les projets plus modestes, jugés moins risqués dans le contexte actuel.
À Vancouver, le marché immobilier a ralenti en raison d’une demande plus faible et des coûts élevés de construction.
À Montréal, plus de 80 % des logements mis en chantier en 2025 étaient des logements locatifs, tandis que la construction de copropriétés a atteint un niveau historiquement bas.
Calgary et Edmonton ont pour leur part enregistré des records de mises en chantier, notamment grâce à des politiques favorisant la densification et la construction de logements du chaînon manquant.
Des défis pour l’offre future
Selon la SCHL, plusieurs facteurs pourraient freiner la construction résidentielle dans les prochaines années.
La pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les coûts de construction élevés et les conditions de financement plus strictes pourraient ralentir le développement de nouveaux projets.
Comme la construction d’immeubles résidentiels s’échelonne souvent sur plusieurs années, un ralentissement des mises en chantier aujourd’hui pourrait limiter l’offre de logements dans l’avenir.
Cette situation pourrait accentuer les défis liés à l’abordabilité dans plusieurs grandes villes canadiennes.
Source : Société canadienne d’hypothèques et de logement