Populaire
La vitalité des fintech canadiennes malgré le repli des investissements
Au premier semestre de 2025, les investissements en technologies financières au Canada ont marqué un recul par rapport au sommet historique de 2024, mais ils demeurent solides dans un climat économique instable. Selon le rapport Pulse of Fintech S1-2025 de KPMG, 1,62 G$ US ont été injectés dans 60 transactions, un niveau considéré comme une « normalisation » plutôt qu’un désintérêt des investisseurs.

Une baisse attendue après un sommet historique
Le marché canadien des fintechs a enregistré un ralentissement notable : 1,62 G$ US investis entre janvier et juin, contre 7,5 G$ US au deuxième semestre 2024 et 2,4 G$ US au premier semestre de la même année. Si ce recul peut sembler abrupt, il s’explique en grande partie par l’absence de « méga-ententes » comparables à celles qui avaient propulsé les résultats l’an dernier. Comme l’explique Dubie Cunningham, associée chez KPMG, il s’agit d’une correction vers des niveaux plus stables et historiques, dans un contexte marqué par la guerre commerciale des États-Unis et la volatilité des marchés mondiaux.
Des transactions de grande envergure
Deux acquisitions majeures ont marqué le semestre au Canada. D’abord, le rachat de Converge Technology Solutions, une société-conseil en TI basée au Québec, par H.I.G. Capital pour 916,5 M$ US (1,3 G$ CA). Ensuite, l’acquisition de Payfare Inc., une fintech torontoise, par Fiserv pour 201,5 M$ CA. Ces transactions témoignent de l’intérêt soutenu des investisseurs pour les entreprises solides, rentables et bien positionnées sur leur marché, au détriment des paris plus spéculatifs.
Un ralentissement du capital de risque
Le capital de risque a connu une chute marquée, passant de 864,4 M$ US au second semestre 2024 à 498,2 M$ US dans 45 transactions. Le plus important financement est celui de Conquest Planning, une plateforme de planification financière située à Winnipeg, qui a levé 80 M$ US dans le cadre d’une ronde de série B menée par Growth Equity de Goldman Sachs Alternatives. Malgré cette baisse, les investisseurs institutionnels et corporatifs conservent un intérêt stratégique : les investissements en capital de risque d’entreprise ont même bondi à 278 M$ US, contre seulement 17 M$ US au semestre précédent.
Le Canada dans le paysage mondial
À l’échelle internationale, les fintechs ont attiré 44,7 G$ US dans 2 216 transactions, contre 54,2 G$ US au semestre précédent. Le Canada, avec 2,7 % du nombre de transactions mondiales et 3,7 % de la valeur totale, représente une part modeste mais significative du secteur. Comme le souligne Edith Hitt, associée chez KPMG au Québec, le pays « pèse légèrement au-dessus de son poids » lors des financements avancés et des rachats stratégiques, confirmant sa capacité à attirer des capitaux dans des moments clés.
L’attrait des actifs numériques et de l’intelligence artificielle
Les domaines des actifs numériques et de l’intelligence artificielle (IA) se sont imposés comme des pôles d’attraction majeurs. La reprise des cryptomonnaies, appuyée par un contexte réglementaire plus favorable aux États-Unis, a ravivé l’intérêt des investisseurs. Des initiatives comme l’acquisition de Bridge par Stripe ou son partenariat avec Visa illustrent la maturité croissante des modèles liés aux cryptoactifs. Parallèlement, l’IA poursuit son expansion dans les fintechs, notamment dans la gestion automatisée des finances personnelles, la détection de fraude et l’octroi de prêts. Selon Edith Hitt, l’IA agentique représente l’une des tendances les plus prometteuses pour 2025 et 2026, ouvrant la voie à des solutions d’épargne et d’investissement entièrement automatisées.
Perspectives pour le second semestre
Malgré la baisse observée, les perspectives demeurent encourageantes. La disponibilité importante de capitaux, combinée à un environnement où les investisseurs ciblent les entreprises les plus solides, devrait maintenir un flux d’investissements conséquent. L’annonce attendue de mesures de soutien aux startups et entreprises en croissance dans le prochain budget fédéral pourrait également relancer le dynamisme du capital de risque. En parallèle, l’optimisme entourant les actifs numériques et l’IA laisse présager une poursuite des investissements dans ces domaines stratégiques.
Source : KPMG LLP
Ressources et références
Date de parution : 2025-08-19
Nombre de consultations depuis la parution : 41413
Identification : 1927
Publié par : Mon Index