- 74 % des Canadiens craignent que l’inflation compromette leur épargne-retraite.
- 30 % ignorent combien de temps leur argent leur permettra de vivre à la retraite.
- 15 % envisagent de prendre leur retraite à l’étranger.
- 66 % affirment que l’inflation nuit déjà à leur capacité d’épargner.
L’inflation érode la confiance financière
Selon le plus récent sondage sur la retraite publié par BMO, la hausse persistante des prix inquiète fortement les Canadiens quant à leur sécurité financière à long terme. Près des trois quarts des répondants affirment que l’inflation a intensifié leurs préoccupations quant à la suffisance de leur épargne pour subvenir à leurs besoins une fois à la retraite.
Cette anxiété se traduit également par des effets concrets sur la capacité d’épargner. Environ deux Canadiens sur trois indiquent que l’inflation réduit déjà leur marge de manœuvre financière pour investir et cotiser à leurs plans de retraite. Entre dépenses quotidiennes plus élevées et revenus stagnants, plusieurs peinent à concilier leurs besoins immédiats et leurs objectifs à long terme.
Une hausse marquée des dépenses essentielles
Parmi les personnes qui ressentent un impact négatif de l’inflation sur leurs finances, près de la moitié affirment dépenser entre 100 $ et 300 $ de plus par mois pour couvrir leurs besoins essentiels. Plus du tiers évoque même une augmentation mensuelle dépassant 300 $.
Face à cette pression budgétaire, les Canadiens adoptent différentes stratégies :
- 31 % cotisent moins à leur épargne-retraite.
- 27 % réduisent leurs dépenses afin de préserver leurs cotisations.
- 17 % ont suspendu complètement leur épargne-retraite.
Ces ajustements illustrent un dilemme financier de plus en plus répandu : prioriser le présent au détriment de l’avenir.
Une préparation à la retraite incertaine
Le sondage met également en lumière un manque de clarté quant à la durée pendant laquelle l’épargne permettra de maintenir un niveau de vie acceptable à la retraite. Trois personnes sur dix reconnaissent ne pas savoir combien de temps leurs économies dureront une fois qu’elles auront cessé de travailler.
Parmi ceux qui ont tenté d’estimer la durée de leur pécule, les réponses varient considérablement. Certains croient pouvoir subvenir à leurs besoins pendant une décennie ou deux, tandis qu’une minorité estime disposer de ressources suffisantes pour plus de 30 ans. Cette incertitude souligne l’importance d’une planification financière structurée, notamment dans un contexte économique instable.
L’attrait croissant de la retraite à l’étranger
Face au coût de la vie élevé au Canada, un nombre non négligeable de Canadiens envisagent de prendre leur retraite hors du pays. Environ 15 % des répondants prévoient s’installer à l’étranger, souvent motivés par l’espoir d’un mode de vie plus abordable.
Parmi ceux qui envisagent cette option, la majorité s’attend à des dépenses inférieures, et près du tiers croit que le coût de la vie sera nettement moins élevé. Toutefois, certains reconnaissent que leur destination de rêve pourrait être plus coûteuse, ce qui suggère que la qualité de vie, le climat ou d’autres facteurs jouent également un rôle dans cette décision.
Les intentions varient selon les régions. Les résidents de l’Ontario sont les plus enclins à envisager une retraite à l’étranger, tandis que les Québécois sont les moins susceptibles de faire ce choix.
Planifier malgré l’incertitude
Dans ce contexte, les experts soulignent l’importance d’adopter une approche proactive pour protéger son avenir financier. Une planification à long terme tenant compte de l’inflation, de l’évolution des marchés et de l’espérance de vie peut aider à réduire l’incertitude.
Parmi les stratégies recommandées :
- Commencer à planifier tôt et définir clairement ses objectifs de retraite.
- Maintenir une discipline budgétaire et considérer l’épargne comme une dépense prioritaire.
- Optimiser les cotisations aux régimes enregistrés comme le REER.
- Consulter un conseiller financier pour adapter les stratégies à sa situation.
Selon les spécialistes, rester investi et ajuster régulièrement son plan financier demeure essentiel pour que l’épargne croisse à un rythme supérieur à l’inflation.
Un enjeu majeur pour l’avenir
Au-delà des chiffres, ce sondage illustre un sentiment généralisé d’insécurité financière chez les Canadiens à l’approche de la retraite. Entre inflation persistante, incertitudes économiques et vieillissement de la population, la question de la préparation financière devient un enjeu central pour les ménages.
La capacité à transformer l’incertitude en confiance dépendra largement de l’accès à des conseils fiables, d’une planification rigoureuse et d’une adaptation constante aux réalités économiques changeantes.
Source : BMO Groupe financier