- Consultation menée auprès de 250 entreprises manufacturières québécoises.
- 4 entreprises sur 5 fabriquent des produits propriétaires.
- Plus de 20 événements régionaux tenus dans le cadre de l’initiative.
- Six recommandations majeures proposées au gouvernement.
Un retard préoccupant, mais des leviers disponibles
Dix leaders économiques québécois ont uni leur voix dans un manifeste intitulé
Impératif productivité, appelant à un sursaut collectif pour améliorer rapidement la productivité industrielle du Québec. Ce document, fruit d’une vaste consultation auprès de 250 entreprises manufacturières de toutes tailles, dresse un constat clair : la province accuse un retard important, mais dispose des outils nécessaires pour combler l’écart.
Les signataires soulignent que la grande majorité des manufacturiers québécois, soit environ quatre sur cinq, conçoivent des produits propriétaires, un facteur clé de création de valeur et d’innovation. Une part importante d’entre eux exerce également des activités de sous-traitance, renforçant l’intégration du Québec dans les chaînes d’approvisionnement internationales.
Dans un contexte marqué par l’incertitude économique, la transformation des chaînes logistiques et la concurrence mondiale accrue, la productivité est présentée comme un levier stratégique essentiel pour assurer la résilience économique et accélérer les transitions technologique et environnementale.
Un mouvement mobilisateur à l’échelle nationale
Portée par l’entreprise internationale Talan et soutenue par une trentaine d’organisations économiques, dont la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et Manufacturiers & Exportateurs du Québec, l’initiative a suscité un important élan à travers la province.
Plus de 20 événements régionaux ont rassemblé des centaines de dirigeants, d’experts et d’acteurs du secteur manufacturier. Les conclusions sont sans équivoque : les entreprises sont prêtes à investir et à moderniser leurs opérations, mais réclament un environnement plus favorable à l’innovation et à la croissance.
Selon les participants, les obstacles administratifs, fiscaux et réglementaires freinent encore la transformation des entreprises, notamment des PME.
Six recommandations pour relancer la productivité
Le manifeste propose six orientations majeures visant à stimuler la performance industrielle du Québec.
- Faire de la productivité une priorité économique centrale.
- Fixer des objectifs d’amélioration comparables aux juridictions concurrentes.
- Améliorer la visibilité des programmes d’aide existants.
- Réduire les obstacles administratifs imposés aux entreprises.
- Intégrer la productivité au cœur d’une stratégie industrielle cohérente.
- Mobiliser l’ensemble de la société autour de cet objectif.
Les signataires insistent sur le fait que les solutions sont connues et que les entreprises ne peuvent agir seules. Ils demandent un signal politique clair pour aligner politiques publiques, incitatifs financiers et actions concrètes.
L’automatisation et l’innovation au centre des solutions
Parmi les leviers identifiés, l’automatisation, l’intelligence artificielle et l’exploitation des données occupent une place centrale. Ces technologies sont considérées comme des accélérateurs majeurs de productivité, capables d’améliorer à la fois la compétitivité et la rentabilité des entreprises.
Toutefois, les PME se heurtent encore à plusieurs obstacles, notamment les coûts d’implantation, la complexité des solutions technologiques et le manque de ressources internes pour mener ces projets à terme.
Les experts soulignent que la réduction de la paperasserie et l’allègement de la fiscalité pourraient libérer des investissements importants en modernisation.
Un enjeu de souveraineté économique
Au-delà de la performance industrielle, les auteurs du manifeste présentent la productivité comme une question de prospérité collective et même de souveraineté économique. Face à l’évolution des relations commerciales internationales et à la concurrence accrue, notamment avec l’Europe et les États-Unis, le Québec doit renforcer sa capacité de production et d’innovation.
Le secteur manufacturier représente en effet un pilier majeur de l’économie québécoise, contribuant à plus de 12 % du PIB et à plus de 86 % des exportations. Il génère des ventes annuelles dépassant 219 milliards de dollars et emploie plus de 500 000 personnes.
Selon les signataires, l’amélioration de la productivité permettrait non seulement de préserver ces emplois, mais aussi d’en créer de nouveaux dans l’ensemble des régions.
Un appel à une mobilisation durable
Les leaders économiques insistent sur l’urgence d’agir dès maintenant afin d’éviter un décrochage industriel. Ils réclament une approche stable, cohérente et prévisible, capable de soutenir les investissements à long terme et d’encourager l’innovation.
Pour eux, la productivité manufacturière n’est pas un enjeu technique réservé aux spécialistes, mais une condition essentielle à la prospérité du Québec et à la vitalité de ses régions.
Le manifeste conclut qu’un engagement ferme du gouvernement, accompagné d’une mobilisation de l’ensemble de l’écosystème économique, pourrait permettre au Québec de rattraper rapidement son retard et de renforcer sa position dans l’économie mondiale.
Source : Fédération canadienne de l’entreprise indépendante