- 9 % des Québécois accepteraient une offre d’investissement irréaliste.
- Chez les 18-24 ans, cette proportion grimpe à 22 %.
- 8 % des Québécois ont acheté des cryptomonnaies dans la dernière année.
- Chez les jeunes adultes, près d’un sur cinq (19 %) a investi dans les cryptos.
Des signaux d’alarme encore mal reconnus
Dans le cadre du Mois de la prévention de la fraude, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a voulu mesurer la capacité des Québécois à reconnaître une offre d’investissement frauduleuse. Pour ce faire, elle a présenté aux répondants une proposition volontairement irréaliste promettant un rendement élevé, garanti et sans risque, un scénario typique des stratagèmes financiers frauduleux.
Si la grande majorité de la population a démontré de bons réflexes en refusant l’offre, les résultats révèlent une vulnérabilité particulière chez les jeunes adultes. Chez les 18-24 ans, près d’un quart affirme qu’il accepterait une telle proposition, une proportion presque équivalente à celle des jeunes qui la rejetteraient.
Cette situation illustre la difficulté à reconnaître les promesses trop belles pour être vraies, surtout dans un contexte où l’investissement autonome gagne en popularité auprès des nouvelles générations.
Un intérêt croissant pour les finances personnelles
Selon l’AMF, l’attrait des jeunes pour l’investissement n’est pas en soi problématique. Au contraire, il témoigne d’une volonté accrue de prendre en main leur avenir financier. Toutefois, cet engouement peut aussi exposer davantage aux arnaques, particulièrement lorsque les connaissances financières demeurent limitées.
Les plateformes numériques, les réseaux sociaux et l’accès facile à l’information contribuent à démocratiser l’investissement, mais facilitent aussi la diffusion d’offres frauduleuses ou trompeuses. Les fraudeurs exploitent souvent l’enthousiasme des nouveaux investisseurs en promettant des gains rapides et sans risque.
L’AMF insiste donc sur l’importance de prendre le temps d’analyser toute proposition financière et de comprendre pleinement les produits proposés avant d’investir.
Les cryptomonnaies, un terrain propice aux risques
Le sondage révèle également une adoption croissante des cryptomonnaies au Québec. Environ 8 % des répondants affirment en avoir acheté au cours de la dernière année, une proportion qui atteint près d’un jeune adulte sur cinq chez les 18-24 ans.
Or, ces actifs numériques sont particulièrement volatils et spéculatifs. Leur valeur peut fluctuer rapidement, et ils sont souvent utilisés comme appât dans des stratagèmes frauduleux. L’AMF indique avoir reçu plus de 1 400 appels de citoyens préoccupés par des situations liées aux cryptos au cours de la dernière année, un nombre en constante augmentation.
Cette réalité souligne la nécessité d’une vigilance accrue, surtout pour les investisseurs moins expérimentés qui pourraient sous-estimer les risques associés à ces produits financiers.
Se poser les bonnes questions avant d’investir
Pour réduire les risques de fraude, l’AMF recommande d’adopter une démarche réflexive avant d’accepter toute offre d’investissement. Comprendre le fonctionnement du produit, évaluer le réalisme des rendements annoncés et identifier les motivations de la personne qui propose l’investissement constituent des étapes essentielles.
Un principe fondamental demeure : aucun placement légitime ne garantit un rendement élevé sans risque. Toute promesse de gains assurés devrait immédiatement susciter la méfiance.
L’organisme rappelle également que certaines personnes ou plateformes peuvent tirer un avantage financier direct en recommandant un produit, ce qui peut influencer leurs conseils.
Un encadrement réglementaire à connaître
Au Québec, seules quelques plateformes de négociation de cryptomonnaies sont officiellement autorisées. L’AMF tient un registre public des entreprises et des individus habilités à exercer dans le secteur financier, permettant aux citoyens de vérifier la légitimité d’un intervenant avant de lui confier leur argent.
L’organisme publie aussi des mises en garde concernant des plateformes ou des offres jugées à haut risque. En cas de doute, il est fortement recommandé de communiquer directement avec l’AMF afin d’obtenir des informations fiables.
Prévenir plutôt que guérir
La fraude financière peut entraîner des conséquences graves et durables, tant sur le plan économique que psychologique. Les pertes sont souvent difficiles, voire impossibles, à récupérer une fois l’argent transféré aux fraudeurs.
Le Mois de la prévention de la fraude vise justement à sensibiliser la population et à renforcer les réflexes de prudence. En développant une meilleure littératie financière et en adoptant une attitude critique face aux offres d’investissement, les Québécois peuvent réduire considérablement leur exposition aux arnaques.
Dans un environnement financier de plus en plus complexe et numérique, la vigilance demeure la meilleure protection contre les promesses illusoires.
Source : Autorité des marchés financiers