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Coût du logement : 3 personnes sur 4 réduisent leurs dépenses pour arriver à payer
Le coût du logement force une grande majorité des personnes interrogées dans 22 pays à faire des sacrifices financiers, selon une vaste étude d'Habitat for Humanity International. Alimentation, épargne et même soins de santé font partie des dépenses réduites pour parvenir à payer son logement.

Le logement force de nombreux ménages à faire des sacrifices
Payer son logement ne représente plus seulement une question de loyer ou d'hypothèque. Pour de nombreux ménages, les coûts associés au logement influencent directement les autres dépenses et certains projets de vie.
C'est l'un des principaux constats du rapport mondial Home at What Cost? publié par Habitat for Humanity International.
L'étude repose sur une enquête menée auprès de 30 758 personnes dans 22 pays, dont le Canada, entre avril et juin 2026.
Trois répondants sur quatre, soit 75 %, affirment avoir réduit au moins une catégorie de dépenses au cours de la dernière année afin de pouvoir assumer leurs frais de logement.
Les proportions sont encore plus élevées chez certains groupes. C'est notamment le cas des personnes vivant dans des situations de logement informelles, des ménages à faible revenu et des jeunes générations.
Chez la génération Z et les milléniaux, 81 % des répondants disent avoir fait au moins un compromis financier pour leur logement.
L'alimentation et l'épargne parmi les premières dépenses touchées
Les sacrifices ne concernent pas uniquement les loisirs ou les achats non essentiels.
Selon l'étude, 33 % des personnes interrogées disent avoir réduit leurs dépenses alimentaires pour faire face aux coûts de leur logement.
Près d'une personne sur trois, soit 32 %, a également puisé dans ses économies ou dans son fonds d'urgence.
Plus préoccupant encore, 13 % des répondants affirment avoir reporté des soins médicaux ou y avoir renoncé afin de pouvoir payer leur logement.
Ces données montrent comment une hausse importante des dépenses consacrées au logement peut avoir des conséquences sur plusieurs autres aspects de la vie quotidienne.
Un seul imprévu pourrait fragiliser de nombreux ménages
Malgré les économies réalisées ailleurs dans leur budget, plusieurs ménages demeurent dans une situation financière fragile.
Près de la moitié des répondants, soit 48 %, estiment qu'un seul événement imprévu pourrait compromettre leur capacité à conserver leur logement.
Une réparation importante, une perte de revenu ou une autre dépense inattendue peut ainsi devenir difficile à absorber lorsque le logement occupe déjà une part importante du budget.
Le prix peut également influencer le niveau de sécurité du logement choisi. Environ 40 % des personnes interrogées affirment accepter un certain niveau de risque lié à leur habitation parce que des options jugées plus sûres sont financièrement hors de leur portée.
Dans l'ensemble, 56 % des répondants considèrent que le système de logement de leur pays est défaillant ou ne fonctionne pas adéquatement.
Au Canada, plusieurs doutent de pouvoir devenir propriétaires
L'étude met également en évidence les difficultés liées à l'accession à la propriété dans les pays à revenu élevé.
Au Canada, 56 % des répondants qui ne sont actuellement pas propriétaires disent ne pas s'attendre à le devenir au cours de leur vie.
La proportion atteint 42 % aux États-Unis.
Ces résultats illustrent un pessimisme important quant à la possibilité d'accéder éventuellement à la propriété, particulièrement en Amérique du Nord.
Le rapport ne se limite toutefois pas à la propriété. Il examine plus largement la capacité d'accéder à un logement considéré comme abordable, stable, sécuritaire et adapté aux besoins des occupants.
Le coût du logement influence les projets familiaux
Les conséquences pourraient également se faire sentir sur les grandes décisions de la vie.
Plus de la moitié des répondants, soit 56 %, affirment que le coût du logement les décourage d'envisager de fonder une famille.
La proportion grimpe à 62 % chez les membres de la génération Z et les milléniaux.
Chez les parents et les tuteurs, 58 % craignent également que les coûts du logement limitent les possibilités qui seront offertes à leurs enfants.
Le rapport suggère ainsi que les difficultés d'accès au logement peuvent avoir des répercussions qui dépassent largement le budget mensuel. Elles peuvent influencer le moment choisi pour avoir des enfants, les possibilités d'épargne et la capacité de planifier financièrement l'avenir.
Le logement représente une importante source de stress
Les conséquences touchent également le bien-être.
Plus d'une personne sur trois, soit 35 % des répondants, considère sa situation de logement comme l'une des principales sources de stress dans sa vie.
Cette proportion atteint 39 % chez les générations plus jeunes et 64 % chez les personnes vivant dans des conditions de logement informelles.
Les locataires semblent également plus préoccupés par les conséquences de leur habitation sur leur santé. Selon l'enquête, 28 % des locataires estiment que leur situation de logement pourrait avoir un effet négatif sur leur santé, comparativement à 19 % des propriétaires.
À l'inverse, 89 % des répondants considèrent qu'un logement sûr, confortable et fiable contribue à préserver leur santé mentale.
Ces résultats montrent l'importance que peut prendre la stabilité résidentielle dans le sentiment général de sécurité et de bien-être.
Les changements climatiques ajoutent une nouvelle inquiétude
Le rapport s'intéresse aussi à la capacité des logements à faire face aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Environ 30 % des personnes interrogées s'attendent à ce que ces phénomènes rendent la vie plus difficile dans leur lieu de résidence au cours des trois prochaines années.
Par ailleurs, 18 % considèrent que leur logement ne les protège pas suffisamment contre certains événements ou conditions météorologiques, notamment la chaleur, le froid ou les inondations.
Pour Habitat for Humanity International, l'abordabilité ne constitue donc qu'une dimension du problème. La sécurité, la stabilité et la capacité des logements à résister à différentes conditions doivent également être prises en considération.
Une enquête menée auprès de plus de 30 000 personnes
L'étude a été réalisée entre le 10 avril et le 30 juin 2026 auprès de 30 758 personnes réparties dans 22 pays.
Les enquêtes ont été conçues pour être représentatives à l'échelle nationale dans les pays participants. Le Canada, les États-Unis, l'Australie, le Royaume-Uni, le Brésil, le Mexique, la Corée du Sud, l'Afrique du Sud et plusieurs autres pays faisaient notamment partie de l'étude.
Habitat for Humanity International estime que les gouvernements, les entreprises et les organismes communautaires doivent travailler ensemble afin d'améliorer l'accès à des logements abordables et sécuritaires.
Au-delà du prix d'une habitation, le rapport met surtout en évidence les compromis qu'effectuent déjà de nombreux ménages pour conserver un toit. Lorsque l'alimentation, l'épargne, les soins de santé ou les projets familiaux doivent être réduits pour payer le logement, son coût réel dépasse largement le montant du loyer ou du paiement hypothécaire.
Source : Habitat for Humanity International, rapport Home at What Cost?
Ressources et références
Date de parution : 2026-10-06
Nombre de consultations depuis la parution : 3819
Identification : 2080
Publié par : Mon Index