- Environ 21 000 représentations professionnelles payantes en 2024.
- 9 millions d’entrées enregistrées au total.
- Les grands spectacles représentent 3 % des représentations, mais 25 % de l’assistance et 50 % des revenus.
- 88 % des représentations sont de provenance québécoise.
Les grands spectacles dominent les revenus
Les données publiées par l’Institut de la statistique du Québec, par l’entremise de l’Observatoire de la culture et des communications, révèlent un phénomène marquant : les grands spectacles, soit ceux qui attirent plus de 2 000 personnes, ne comptent que pour 3 % des représentations, mais génèrent le quart de l’assistance et la moitié des revenus de billetterie.
Cette concentration des recettes autour d’un petit nombre d’événements démontre l’importance stratégique des grandes productions pour la santé financière du secteur. Elles exercent un effet d’entraînement significatif sur l’économie culturelle, tout en coexistant avec une offre abondante de spectacles de plus petite envergure.
Une forte présence des productions québécoises
Sur les quelque 21 000 représentations offertes en 2024, environ 18 000 étaient de provenance québécoise, soit 88 % de l’ensemble. Ces spectacles ont attiré 6,7 millions de spectateurs, représentant les trois quarts de l’assistance totale, et ont généré près des deux tiers des revenus de billetterie, pour un montant de 256,6 millions de dollars.
Cette prédominance des productions locales témoigne de la vitalité de la création québécoise et de l’intérêt du public pour les œuvres produites ici. Elle confirme également le rôle central des artistes et producteurs québécois dans le dynamisme culturel de la province.
Langue et fréquentation : des écarts notables
Les spectacles interprétés principalement en français représentent 70 % de l’offre en arts de la scène. Ils ont rassemblé 57 % de l’assistance et généré 43 % des revenus de billetterie.
De leur côté, les spectacles présentés principalement en anglais comptent pour 14 % des représentations, mais attirent 21 % de l’assistance et génèrent 29 % des revenus. Ces écarts suggèrent que certaines productions anglophones, souvent associées à de grandes tournées ou à des événements d’envergure, bénéficient d’un pouvoir d’attraction et d’une capacité de revenus supérieurs à leur poids dans l’offre globale.
La musique en tête du palmarès
La discipline « musique et chanson » domine nettement le paysage des arts de la scène au Québec. Elle représente 44 % des représentations, 47 % de l’assistance et 54 % des revenus de billetterie.
Le théâtre et l’humour occupent les positions suivantes avec des parts de marché comparables. Le théâtre constitue 22 % des représentations, 14 % de l’assistance et 9 % des revenus. L’humour, quant à lui, représente 19 % des représentations, 19 % de l’assistance et 13 % des revenus. Ces chiffres illustrent l’importance de ces deux disciplines dans l’offre culturelle québécoise, tout en mettant en lumière la capacité de la musique à générer des recettes plus élevées.
Une forte concentration à Montréal et Québec
La diffusion des spectacles demeure fortement concentrée dans les grands centres urbains. En 2024, plus de la moitié des représentations et de l’assistance se sont déroulées dans les régions de Montréal et de la Capitale-Nationale, totalisant près de 11 000 représentations et 5,3 millions d’entrées.
La Montérégie arrive au troisième rang avec près de 2 000 représentations et 0,8 million d’entrées. Les Laurentides et l’Estrie affichent chacune environ 0,4 million d’entrées, tout comme Lanaudière. L’Outaouais atteint 0,3 million d’entrées, tandis que le Centre-du-Québec et Chaudière-Appalaches enregistrent respectivement 0,2 et 0,1 million d’entrées.
Dans les régions éloignées, soit le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, environ 2 000 représentations ont été présentées, attirant 0,5 million de spectateurs.
Un portrait stratégique pour le secteur culturel
Ces résultats confirment le rôle structurant des grands événements, la place centrale de la musique et l’importance des productions québécoises dans l’écosystème culturel. Ils fournissent également des données essentielles pour les décideurs, les diffuseurs et les artistes qui souhaitent mieux comprendre les dynamiques régionales et disciplinaires du secteur.
L’Institut de la statistique du Québec rappelle que ses analyses constituent un outil stratégique pour orienter les politiques culturelles et soutenir le développement des arts de la scène à travers le Québec.
Source : Institut de la statistique du Québec