- 64 % des milléniaux se disent inquiets pour leur avenir financier.
- 57 % affirment qu’il leur reste peu ou pas d’argent après leurs dépenses mensuelles.
- 59 % ne se sentent pas financièrement en sécurité.
- 45 % ont puisé dans leur épargne pour payer leurs dépenses.
Une génération sous forte pression économique
Selon la 35
e édition du Sondage sur l’indépendance financière RBC, les milléniaux figurent parmi les groupes les plus touchés par la hausse du coût de la vie et l’incertitude économique. Près des deux tiers d’entre eux affirment craindre pour leur avenir financier, tandis qu’une majorité indique ne disposer d’aucune marge budgétaire après le paiement des factures mensuelles.
Cette réalité se traduit par un sentiment d’insécurité généralisé. Près de six répondants sur dix disent ne pas se sentir financièrement en sécurité, et plusieurs ont dû recourir à leurs économies pour couvrir leurs dépenses courantes. Une proportion importante déclare également éprouver des difficultés financières persistantes et redoute de ne jamais pouvoir rembourser ses dettes.
Épargne et investissements mis à rude épreuve
La pression financière actuelle compromet la capacité des milléniaux à préparer leur avenir. Bien qu’ils aspirent à une retraite confortable et à l’indépendance financière, une part importante ne parvient pas à investir ni à accumuler un patrimoine.
Quatre milléniaux sur dix ne détiennent actuellement aucun placement. Parmi les principales raisons évoquées figurent la crainte de faire de mauvais choix financiers et le manque de confiance en leurs connaissances en matière d’investissement. Cette hésitation contribue à un cercle vicieux où l’absence d’investissement accentue l’insécurité financière à long terme.
Par ailleurs, les données montrent que cette génération estime avoir besoin d’environ un million de dollars pour atteindre l’indépendance financière, alors que l’épargne accumulée jusqu’à présent demeure largement inférieure à cet objectif.
Un manque de planification financière formelle
Le sondage révèle également que moins de la moitié des milléniaux disposent d’un plan financier structuré. Parmi ceux qui affirment en avoir un, plusieurs admettent qu’il s’agit davantage d’une idée générale que d’une stratégie concrète documentée.
Pourtant, plus de la moitié reconnaissent que la complexité de leur situation financière rend difficile la gestion autonome de leurs finances. Malgré cela, peu ont consulté un professionnel au cours de la dernière année, ce qui laisse de nombreux ménages sans accompagnement stratégique.
Des freins psychologiques à la consultation
Les raisons expliquant la faible utilisation des services de planification financière sont largement liées à des facteurs émotionnels et psychologiques. Plusieurs milléniaux disent craindre d’être jugés pour leur manque de connaissances ou redoutent de découvrir que leur situation financière est plus fragile qu’ils ne le croient.
D’autres affirment ne pas savoir par où commencer ou considèrent que les services de conseil financier s’adressent surtout aux personnes fortunées. Ces perceptions contribuent à maintenir une distance entre cette génération et les ressources susceptibles de les aider à améliorer leur situation.
L’équilibre entre présent et avenir difficile à atteindre
Selon RBC, les milléniaux doivent jongler simultanément avec plusieurs obligations financières majeures : coût du logement, remboursement des dettes, dépenses quotidiennes et préparation de la retraite. Cette accumulation de priorités concurrentes rend la planification particulièrement complexe et stressante.
Les experts soulignent que l’élaboration d’un plan financier peut aider à hiérarchiser les objectifs, établir des échéanciers réalistes et offrir un sentiment de contrôle face à l’incertitude économique. Un tel plan permettrait également de mieux concilier les besoins immédiats et la préparation à long terme.
Des objectifs ambitieux malgré les difficultés
Malgré les obstacles, les milléniaux continuent d’exprimer des ambitions financières importantes. Une retraite confortable demeure leur principal objectif, suivie par l’atteinte de l’indépendance financière et l’accumulation d’un patrimoine.
Cependant, l’écart entre ces aspirations et la réalité actuelle demeure considérable. Le manque d’épargne, l’endettement et l’absence de placements freinent leur progression vers ces objectifs, accentuant l’anxiété financière ressentie par une grande partie de cette génération.
Un défi majeur pour l’économie canadienne
Les résultats de ce sondage illustrent les difficultés structurelles auxquelles sont confrontés les jeunes adultes au Canada. L’augmentation du coût de la vie, combinée à l’endettement et à la stagnation du pouvoir d’achat, crée un contexte où l’accès à la sécurité financière devient de plus en plus difficile.
Pour les institutions financières comme pour les décideurs publics, ces données soulignent l’importance d’offrir des solutions adaptées à cette génération, afin de favoriser la stabilité économique à long terme et d’éviter l’aggravation des inégalités.
Source : RBC Banque Royale