- Le Québec est la seule province canadienne sans programme organisé de dépistage du cancer colorectal.
- Environ 7 300 Québécois recevront un diagnostic cette année.
- Près de 2 350 décès sont liés à ce cancer chaque année au Québec.
- Le dépistage précoce permet un taux de survie dépassant souvent 90 %.
Un programme attendu depuis plusieurs années
Près de trois ans après l’adoption unanime d’une motion à l’Assemblée nationale demandant la mise en œuvre du Programme québécois de dépistage du cancer colorectal, plusieurs organisations de santé estiment que la province accuse toujours un retard important.
Selon Cancer colorectal Canada, les projets de démonstration liés au dépistage remontent à 2010. Quinze ans plus tard, un programme pleinement déployé n’a toujours pas été mis en place, malgré les engagements gouvernementaux en matière de prévention et de détection précoce du cancer.
Pour les organismes concernés, cette situation place le Québec à contre-courant du reste du pays.
Une responsabilité encore laissée aux citoyens
Le programme envisagé devait offrir un dépistage structuré aux personnes âgées de 50 à 74 ans. Il aurait permis l’envoi d’invitations systématiques aux citoyens ainsi qu’un accès gratuit au test immunochimique de recherche de sang occulte dans les selles.
En l’absence d’un tel programme, la responsabilité du dépistage repose encore largement sur les individus, qui doivent eux-mêmes demander ce test auprès du réseau de la santé.
Selon les experts, cette approche limite la participation et réduit l’efficacité des efforts de prévention.
Un fardeau important pour la population
Les données les plus récentes indiquent qu’environ 7 300 Québécois recevront un diagnostic de cancer colorectal cette année, tandis que près de 2 350 personnes en mourront.
Ces chiffres illustrent l’ampleur du problème de santé publique et l’importance d’un dépistage systématique. Les spécialistes rappellent que lorsqu’il est détecté tôt, le cancer colorectal peut être traité avec beaucoup plus de succès.
Le taux de survie dépasse souvent 90 % lorsque la maladie est diagnostiquée à un stade précoce, alors qu’il diminue considérablement lorsque le cancer est détecté plus tard.
Des bénéfices pour les patients et le système de santé
Les organismes de santé soulignent que le dépistage précoce ne permet pas seulement de sauver des vies. Il peut également réduire la lourdeur des traitements et diminuer la pression sur le système de santé.
En détectant les cancers à un stade moins avancé, les interventions médicales sont généralement plus simples et moins coûteuses, tout en améliorant la qualité de vie des patients.
Pour ces raisons, plusieurs provinces canadiennes ont déjà instauré des programmes organisés de dépistage accessibles à l’ensemble de la population ciblée.
Une tendance inquiétante chez les moins de 50 ans
En parallèle, les spécialistes observent une augmentation préoccupante des cas de cancer colorectal chez les personnes de moins de 50 ans.
Les Canadiens nés après 1980 présentent aujourd’hui un risque nettement plus élevé d’être diagnostiqués avant cet âge que les générations précédentes. Ces cancers sont souvent découverts à un stade avancé, ce qui complique les traitements et réduit les chances de guérison.
Cette évolution a poussé plusieurs pays et juridictions à abaisser l’âge recommandé pour le dépistage à 45 ans.
Un appel à l’action pour le gouvernement
Face à cette situation, Cancer colorectal Canada, la Société canadienne du cancer et la Fondation québécoise du cancer demandent au gouvernement du Québec de respecter son engagement et de déployer immédiatement le Programme québécois de dépistage du cancer colorectal.
Les organisations recommandent également de mandater l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux afin d’évaluer la possibilité d’abaisser l’âge de dépistage à 45 ans.
Selon elles, une stratégie de dépistage proactive et élargie pourrait transformer la prévention du cancer colorectal au Québec et sauver de nombreuses vies.
Source : Colorectal Cancer Canada